jackguitar

la guitare éclectrique de Jacques Vannet

Jack a dit...

Ne nous brouillez pas l’esprit…

Regardez les notations des pièces pour piano de Stockhausen, de Boulez dans la Première et la Deuxième Sonate ; elles vous brouillent l'esprit. Cela devient impossible de jouer cela avec une parfaite acuité.

Earle Brown (2010). De Vive voix , Minerve

Improvisation

réflexions sur l’improvisation

Cet article présente quelques-unes de mes réflexions à propos de l’improvisation, notamment jazz, mais qui peuvent être mises à profit dans tous les styles…
Ce n’est pas un article bien construit car il m’est difficile de rassembler toutes les idées qui me viennent à ce propos. Disons que c’est plutôt un ensemble de réflexions et de problèmes ainsi que quelques pistes de travail.

Improviser ?

Le musicien débutant aborde souvent l’impro à travers l’improvisation harmonique : la fameuse grille !
Le débutant est alors totalement absorbé à « passer » les accords correctement et y consacre toute son énergie ! Toute l’impro est centrée sur la trame harmonique (aspect vertical de la musique) alors que la construction d’un récit musical passe par une vision globale de la mélodie (avant – maintenant – après)

La maîtrise de l’impro ne coïncide pas forcément avec celle de l’harmonie car les doigts vont plus vite que la pensée… On assiste alors à une succession de plans, licks, gimmicks, patterns etc…

Pièges ?

L’expérience du temps qui passe doit se faire par l’oreille et la mémoire (il faut se représenter mentalement la structure harmonique). En écrivant les accords sur le papier, on vide l’impro de son contenu ! Un accord de Dm7 devient abstrait et peut être joué sur n’importe quel thème ! Il déclenche automatiquement des clichés appris par coeur !

Un autre piège est la « mélodisation » de l’harmonie : on cherche les notes cibles, les arpèges, les tensions… Cette phase est indispensable mais doit être réservée au travail à la maison et non pas au jeu avec d’autres musiciens.

Solutions ?

En improvisation, il ne suffit pas d’illustrer une progression harmonique, mais de construire un récit. La focalisation sur l’aspect vertical de la musique (harmonie) fait négliger le caractère profond de la mélodie et de ses rapports avec l’harmonie.

Le récit est plus important que la justesse du traitement des accords (défaut encouragé par les méthodes, les écoles de jazz, les vidéos pédagogiques (démagogiques?)…)

La grille d’accords doit être simple !

La perception du temps se fait à différents niveaux tandis que la grille n’en retient que 2 : le découpage en mesures et en goupes de mesures !

Les éléments négligés sont

  • la ligne mélodique
  • le swing
  • le groove
  • le tempo
  • le timbre
  • l’articulation, le phrasé
  • la mise en place rythmique
  • le feeling
  • l’intensité
  • le hasard
  • les couleurs
  • les effets
  • l’émotion
  • la folie
  • le chaos

La grille ne représente qu’un cycle (12 mesures de blues) alors que l’improvisateur doit articuler un récit qui a sa logique et sa cohérence comme un tout : c’est un discours musical.
Ce récit doit atteindre un climax qui sera le point culminant de l’impro : ce point peut être situé à différents moments dans l’impro. En général, il est plutôt vers la fin mais rien ne vous empêche de le placer au milieu ou au début… Encore faut-il avoir une vision globale de son impro…

Construction du récit musical

Improviser, composer, c’est raconter une histoire, tenir en haleine l’auditeur comme dans les bons films ou les bons romans policiers.

  • Il faut éviter le bavardage inutile, les clichés…
  • Les plans doivent être mis au service d’une idée musicale.
  • Il faut trouver et garder UNE idée musicale forte !
  • Il faut avoir une vision du centre et de la périphérie (les choses essentielles et celles qui sont accessoires)
  • Tenir un fil conducteur
  • Tirer parti de ce qu’on sait faire !
  • Jouer avec soi et non contre soi ! (éviter de se lamenter sur ce qu’on ne connaît pas : on vient vous écouter pour ce que vous savez faire)
  • Prendre en compte la durée totale de l’impro (combien de cycles ? au début, fixer un nombre de cycles à l’avance et s’y tenir !!!)
  • Donner une forme structurée à l’impro basée sur tension/détente : début -> montée -> climax -> détente -> conclusion
  • Climax : chosir la note la plus haute (et ne pas la dépasser!) ou le moment le plus tendu (rythmiquement, harmoniquement)
  • L’intro de votre impro conditionne en grande partie son développement. Il faut savoir l’accepter parce que une fois que c’est parti… c’est parti, pour le meilleur et pour le pire ;-)

17 réponses

  1. Hello y a quelqu'un ?

    Ecouter ce qui te plait, ce que tu aimerais jouer, beaucoup longtemps et chantes le.

    Quand celà te deviens famillié prends ta guitare et joues le en le fredonant.

    Puis oublies tout ça et commences à improviser sur des play-backs divers (basse-batterie; basse-batterie-clavier ou guitare…) mais il faut chanter tes phrases. Petit à petit tu vas pouvoir communiquer à l'auditeur ton chant interieur. Il est un mélange de ta culture musicale et de ce que tu as de plus personnel de plus sensible. C'est ça improviser. Quand tu commences tu y passes toute ta vie.

    Amitié à tous

    : )

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