Jack a dit...

Le mot est-il à l'origine de la musique ?

Au cours d’entretiens suivants, il apparut clairement que le déjà ne se référait pas à son âge juvénile mais que la composition des chants, si grand que fût le don de soi apporté à une tâche même isolée, était dans l’ensemble, à ses yeux, une simple étude préludant à une œuvre hermétique où le mot se confondrait avec la note musicale. Il l’entrevoyait dans ses rêveries et la comédie de Shakespeare devait précisément en former la matière. Cette alliance avec la parole qu’il aspirait à réaliser, il essaya de la célébrer en théorie. Musique et langage, selon lui, allaient de pair, au fond ne faisaient qu’un, le langage était musique, la musique langage et, séparés, chacun des deux s’efforçait vers l’autre, l’imitait, lui empruntait ses moyens d’expression, chacun cherchant toujours à se substituer à l’autre. Comment la musique pouvait commencer par s’incarner dans des paroles, être pensée et élaborée en mots, il voulut me le démontrer du fait qu’on avait vu Beethoven composer au moyen de vocables. « Qu’écrit-il là dans son carnet ? » avait demandé quelqu’un. « Il compose. » « Pourtant il trace des mots, pas des notes ? « En effet, telle était sa manière. Il consignait ordinairement par écrit la courbe mélodique d’une composition, y intercalant tout au plus quelques notes de-ci de-là.  Manifestement séduit, Adrian insista sur ce point. La pensée artistique formait, estimait-il, sans doute une catégorie spirituelle unique et personnelle, mais la première ébauche d’;un tableau, d’une statue, eût difficilement été réalisable avec des mots, preuve éclatante des rapports complémentaires de la musique et du langage. Il était très naturel que la musique s’embrasât au contact du mot, que le mot jaillît d’elle comme à la fin de la Neuvième Symphonie. En définitive tout le développement musical allemand tendait vraiment vers le drame de Wagner où la note épouse le vocable, et y trouvait son aboutissement suprême. 

Thomas Mann (1947), Le Docteur Faustus, Ed. biblio, p. 200

Cliquez n'importe où sur la citation pour en générer une autre au hasard

Les appoggiatures

les appoggiatures et leur utilisation

Les appoggiatures dans l’improvisation et quelques applications sur la guitare

Définition

Le mot appoggiature vient de l’italien appoggiare (appuyer) et décrit des notes étrangères à un accord. Concrètement, cela consiste à jouer une note située un demi-ton diatonique ou chromatique, ou un ton au-dessus ou en dessous d’une note d’un accord. Il s’agit donc d’un son non préparé, dissonant (plus ou moins) et étranger à l’accord avec lequel il résonne.

exemple avec l’accord de Sol majeur barré en 3ème case. Les appoggiatures possibles pour la note Sol sur la 6ème corde sont : Lab->Sol / La->Sol / Fa#->Sol / Fa->Sol

A quoi ça sert ?

Ca sert pour principalement l’improvisation, ça sert aussi pour embellir (en Classique, on dirait orner) une mélodie. Ca permet effectivement d’embellir une mélodie ou un solo en ajoutant des notes qui « tournent autour » des notes principales. Ca permet donc de développer des idées basiques sans modifier réellement la mélodie.

Dans le contexte de l’improvisation jazz, les appoggiatures sont des « enrichissements » de l’accord de base, et il se trouve fréquemment des musiciens qui les détournent de leur usage classique, pour ne conserver plus qu’elles !

Au travail

Traditionnellement, les appoggiatures sont jouée sur le temps et retardent donc l’apparition de la note réelle de l’accord, provoquant ainsi un effet de suspension de l’harmonie.
Pour travailler les appoggiatures, il y a deux méthodes (au moins) :

  1. la manière classique où on connaît le nom des notes constituant un accord donné…
  2. une méthode plus visuelle et donc parfaitement bien adaptée à la guitare et aux guitaristes ;-)

Nous allons donc nous pencher sur la deuxième ;-)

accord de G majeur en 3ème position

D’abord, visualiser un accord en position sur le manche, par exemple G en barré 3ème position.

Ensuite, approcher chaque note de cet accord par la note suivante dans la gamme de l’accord (ici SOL majeure).

note : ceci revient à jouer les notes de l’accord de Am en 5ème position

appoggiatures de G majeur

On peut obtenir un son un peu plus jazz en utilisant des appoggiatures chromatiques (inférieures ou supérieures). De plus, on n’a alors pas besoin de se casser la tête pour savoir si la note est dans la gamme ou pas ;-)

appoggiatures inférieures

Si vous voulez entendre ce style de phrases jouées par un maître de la guitare, écoutez Django Reinhardt… Le jeu en appoggiatures est une des caractéristiques du style manouche; il apporte une coloration très intéressante par l’ajout de notes étrangères à l’accord.

Voici un exemple de phrase dans ce style. Ce plan est basé sur le doigté de l’arpège de Sol majeur en 3ème position

un plan jazz manouche

Voilà, c’est tout pour l’instant ;-) Cet article n’avait pas la prétention de tout couvrir sur ce sujet, qui d’une certaine manière rejoint le travail sur les patterns.

Dans le livre Patterns for jazz, un certain nombre de plans basés sur les appoggiatures est donné.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.