jackguitar

la guitare éclectrique de Jacques Vannet

Jack a dit...

Silence ?

Si le silence n'existe pas, c'est parce qu'il y a toujours quelque chose à écouter. Il suffit que moi, auditeur ou compositeur, je me taise, pour que j'en prenne conscience. Le silence, ce sont donc « tous les sons que je ne détermine pas », qu'ils proviennent de moi, ou d'un autre : ce sont tous les sons non intentionnels, qui ne dépendent pas de mon intention.

Makis Solomos (2013). De la musique au son : L'émergence du son dans la musique des XXe-XXIe siècles , Presses Universitaires de Rennes, p.179

Musique et hasard

composition aléatoire de mélodies

Depuis le compositeur américain John Cage, le hasard est entré dans les techniques de composition contemporaine.
Dans cet article, j’examinerai la création aléatoire de mélodies « intéressantes ».

Je dois d’abord signaler que l’idée de ce travail m’est venue en tombant sur un article en ligne dont je vous recommande vivement la lecture Pachet, F. [Qu’est ce qu’une mélodie intéressante ?]. La Recherche, November 2000. Hors Série « Les origines de l’Art »

Dans cet article, l’auteur, François Pachet, réfléchit sur la notion de mélodie intéressante.
En effet, pourquoi certaines mélodies nous plaisent-elles ?

Je ne vais pas ici reprendre toutes les explications contenues dans cet article, mais je me bornerai à illustrer les 3 principes aléatoires de génération de mélodies décrits.

le hasard complet = chaos

dans le premier exemple, les mélodies générées sont complètement aléatoires, il n’y a aucune corrélation entre les notes, les mélodies produites ne sont pas très intéressantes car variant beaucoup trop (pas assez de répétititon).

mélodie fortement corrélée (mélodie « brownienne »)

la première note est tirée au hasard puis les notes suivantes sont tirées par rapport à la première (mouvement conjoint).
Les mélodies produites sont déjà plus intéressantes qu’avec le hasard complet, mais restent monotones (pas assez de variations).

mélodies ayant la propriété 1/f

C’est avec le code binaire que nous créons un lien très fort entre les notes, mais nous le perdons avec le hasard des dés. Cela nous fait dire que la musique en 1/f est modérément corrélée. C’est la forme de mélodie la plus intéressante statistiquement.

On parle ici de mélodie intéressante plutôt que de belle mélodie, le troisième algorithme permettant un bon compromis entre répétition et variation.

Générateur de mélodies

Dans les exemples ci-après (format shockwave), j’ai utilisé la gamme mineure pentatonique de Mi en première position, ce qui donne un total de 12 notes.

Chaque mélodie générée est constituée de 8 notes et le rythme est imposé (4 croches, 1 noire, 2 croches, une ronde), ceci afin de mieux comparer les résultats obtenus.

Si vous n’êtes pas convaincus, faites tester en aveugle à quelqu’un de votre entourage, notez les résultats, et vous verrez que les mélodies générées selon le troisième principe ressortent en premier.

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