jackguitar

la guitare éclectrique de Jacques Vannet

Jack a dit...

Qu’est-ce qu’un son ?

On répondra spontanément quelque chose comme « c'est une vibration de l'air qui se propage et la sensation auditive qui en résulte ». Certes, mais de quoi le son est-il le signe ? D'objets qui sonnent ou qui bruissent ? Jamais directement pourtant. Les sons ne sont pas signes des personnes ou des choses matérielles, mais de ce qu'elles font ou de ce qu'il leur arrive. Autrement dit, des événements. Lorsqu'on dit, trop rapidement, qu'on entend quelqu'un ou quelque chose, on entend en réalité quelqu'un faire quelque chose (venir, parler) ou on entend quelque chose se produire. Il faut que quelque chose se passe pour qu'il y ait son.

Francis Wolff (2015). Pourquoi la musique ? , Fayard, p.370

méthodes d’enseignement de la guitare

méthodologie d’apprentissage

Au conservatoire où j’ai appris la guitare classique, il y avait 2 professeurs de guitare aux méthodes d’enseignement vraiment différentes mais qui sont typiques des problèmes de pédagogie rencontrés lors de l’apprentissage d’un instrument. Cet article vous présentera les 2 méthodes, il est plutôt orienté sur l’apprentissage de la guitare, mais ces principes restent valables pour n’importe quel instrument.

Ces 2 façons d’enseigner reflètent bien 2 types d’enseignement opposés (en apparence du moins) qui ont chacun leurs avantages et leurs faiblesses.

enseignement de type technique

Le premier prof fondait son enseignement plus sur la maîtrise technique. On travaillait des gammes en rythme, avec le métronome, avec accélération progressive en fonction de la maîtrise, il nous faisait réciter les notes à voix haute en même temps (en chantant aussi le nom des notes parfois). C’est un travail exigeant et rigoureux.

De son point de vue, on n’abordait une partition que si on avait la technique adéquate. C’est plutôt une forme d’enseignement rationnel me dira-t-on. Le problème, à mon sens, c’est ce que ce type d’enseignement nous focalise sur la maîtrise technique, ce qui logiquement aboutit à « quand on a la technique, on peut faire ce qu’on veut ». Toute la question à ce moment est de savoir ce qu’on veut… Et comme les années passent vite et qu’il faut environ 10 ans pour avoir une bonne technique guitaristique (à condition de travailler quotidiennement), on risquerait de ne plus très bien savoir ce qu’on veut ;-)

Le défaut de ce type d’enseignement est de nous placer d’un point de vue « performance technique » et on risque alors d’en oublier la musique.

L’avantage de ce type d’enseignement est que le travail est ordonné selon un but précis, arriver à passer une gamme majeure en doubles-croches à 160 à la noire par exemple. Les difficultés techniques sont abordées graduellement et on évite l’écueil du sentiment d’échec qu’on peut avoir lorsqu’on aborde une nouvelle partition en étant insuffisamment préparé.

Donc, pour résumer et en exagérant un peu, on sait comment jouer mais on ne sait pas forcément pourquoi…

enseignement de type sensible

Le second prof basait son enseignement sur l’apprentissage de morceaux. Pour lui, point besoin de travailler la technique dans l’absolu mais plutôt toujours par rapport à un « morceau réel ». L’apprentissage de la technique pure conduisait toujours à de mauvais choix musicaux et nous plongeait dans un idéal technique sans fin car il restera toujours quelque chose à maîtriser.

Avec lui, on se préoccupait davantage des doigtés, du phrasé, de l’intonation, du son, des intentions du compositeur etc.
Pour lui, les compositeurs ne cherchaient pas l’inspiration dans la technique mais plutôt dans la musique et ses formes.

Donc, on devait toujours rechercher des solutions musicales aux problèmes techniques rencontrés dans une partition.

Bien sûr, le « défaut » de cette méthode est le manque de but dans le travail : on recherche les morceaux qui nous plaisent et qu’on arrive à jouer; ceux qu’on n’arrive pas à interpréter, on aurait quand même tendance à les laisser de côté ;-)

On privilégie dans ce cas de figure la « technique naturelle », cad on va plutôt utiliser une technique qu’on maîtrise. Par exemple, dans les passages rapides, on utilisera les liaisons main gauche, ce qui pourrait tout ausi bien déservir la musique…

L’avantage de cette méthode est que la musique y est privilégiée. Toujours rechercher des solutions musicales plutôt que techniques, ce qui sur le long terme façonne de manière durable la personnalité du musicien apprenant.

Donc, pour résumer et en exagérant un peu, on sait quoi faire mais pas forcément comment…

conclusion

J’ai travaillé avec le deuxième prof pendant plusieurs années et je n’ai jamais eu à m’en plaindre, mais je travaillais par ailleurs ma technique tous les jours ;-)

La morale de cet article est qu’il faudrait plutôt panacher les deux types d’enseignement. Selon le type de prof que vous avez, vous devez par vous-mêmes ou à l’aide d’un deuxième prof, travailler l’autre méthode. Si vous avez un prof de guitare plutôt dans la première catégorie, vous pouvez tout à fait rechercher un prof de la deuxième catégorie qui ne soit pas un prof de guitare, puisque dans ce cas, on privilégie la musique ;-)

Une réponse

  1. Je comprend mieux pourquoi à vous lire mon prof Guy Lukowski enseignait 6 manuels de J.S Sagreras cours progressifs très harmonieux nous sortîmes plus d’une fois des notations pour plus d’ expressivité.Il faut bien reconnaître que votre premier plan de travail nous a manqué !

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