jackguitar

la guitare éclectrique de Jacques Vannet

Jack a dit...

Le développement de la sensibilité chez l’auditeur

L’ambition du compositeur doit être inverse : au lieu de fournir des drogues musicales — à effet de transe —, c’est le développement de la sensibilité et la « purification des sentiments », comprise comme un bonheur concrètement expérimentable, qu’il doit s’efforcer d’atteindre grâce aux possibilités complexes de son art. Le plaisir acoustique devient un surcroît de conscience, qui éclaire le sujet sur lui-même dans une société antagoniste.

Hanns Eisler (1998). Musique et société , Éditions de la Maison des sciences de l'homme

Godard pris au mot

en attendant Godard…

Lundi 16 janvier 2006, dans le cadre de La Semaine du Son à Chalon sur Saône, je me suis livré à une expérience sonore très intéressante.

Nouvelle Vague

À propos de Nouvelle Vague, qu’il présentait au Festival de Cannes 1990, Jean-Luc Godard, devait déclarer « Mon film, si vous entendez la bande-son sans les images, ce sera encore meilleur ».

J’ai donc invité le public à vérifier ensemble cette hypothèse et à re-découvrir Nouvelle Vague sans les images dans la magnifique salle de diffusion de NicéphoreCité servie par un très bon équipement de diffusion sonore.

Pourquoi Godard

Avec la Nouvelle Vague française dans les années 60, la musique au cinéma connaît un souffle nouveau. Elle n’est plus utilisée superficiellement comme fond sonore ou comme illustration, elle joue un vrai rôle émotionnel et intellectuel dans l’architecture et la dramaturgie du cinéma, elle ne colle plus, elle « décolle » pour ainsi dire. Dans Une femme est une femme de Jean-Luc Godard (1961), la partition de Michel Legrand pénètre l’écran à n’importe quel moment, déroutant le spectateur, le surprenant par ses entrées tragiques et lumineuses, couvrant et dépassant même parfois les dialogues du film.

Image et Son

J’ai invité les spectateurs à entendre du son mais « paradoxalement », c’est plutôt l’image qui était interrogée avec ce principe. En effet, dans les relations complexes qui se nouent entre ces deux médiums, le son utilise un espace beaucoup plus grand que celui de l’image, confinée au cadre étroit de l’écran. Ce fût donc l’occasion de faire disparaître ce cadre et profiter ainsi d’un espace infini où se mêlent les images mentales provoquées par l’écoute des différents sons, le temps avec la narration et les dialogues, la profondeur avec les différentes échelles de plans sonores etc.

Il s’agit pour moi d’une expérience unique dans notre civilisation à forte dominante visuelle.

Réactions

A la sortie de la séance (1h30 dans le noir avec seul l’écran de projection rétro-éclairé faiblement), les spectateurs que j’ai pu interroger étaient conquis ;-) Ca a donné envie à certains de voir le film avec les images, d’autres ont eu envie de tenter l’expérience avec d’autres films etc.

Moi, je me suis tout simplement immergé dans le son, il faut dire que la bande-son de ce film est fabuleuse, les extraits musicaux sont choisis avec soin, et JLG a fait un énorme travail de mixage

Jean-Luc Godard a accepté la publication complète de la bande-son du film sur CD et celui-ci est sorti chez ECM en juillet 2000.

note : pour ce projet, j’avais invité Jean-Luc Godard à la représentation de ce projet mais…

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