Jack a dit...

La musique des Syrtes

Ce fut à cet instant que, dans la déflagration brutale d’une bourrasque, les trompettes sonnèrent. Un vieil hymne d’Orsenna, un air des temps héroïques où passaient les brocarts roides, les tiares barbares, les traînes hiératiques sur les degrés de marbre, le cinglement d’ailes des flammes triomphales, les soirs rouges plein de galères laissant flotter des voiles sur la mer. Un déchaînement splendide et noble, pareil au déploiement à longs plis, l’un après l’autre, d’une interminable et raide draperie de sacre, où jouaient les moires impalpables de l’Orient. Une douce foudre tombait en pluie d’argent sur le cimetière. Longues, brèves, longues, les notes se poursuivaient en appel surhumain, en coulée de joie chaude et rouge, étouffante comme un caillot de sang. Elles cessèrent enfin, comme on rallume les lumières.

Julien Gracq (1951), Le Rivage des Syrtes, Ed. corti, p. 68

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Anton & Morton

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instant songs Anton & Morton

Anton & Morton se sont produits en de rares situations pour de plutôt inconvenantes performances : des gestes et des paroles, avec guitares électriques et partenaires régulières ou de circonstance. Au Theâtre des Amandiers de Nanterre, à la FEMIS, au Mac Val, au Quai de Mulhouse, au Consortium de Dijon, au Musée Niépce à Chalon-sur- Saône, entre 2004 et 2012, on y a pu entendre et voir des “instant songs” — chansons sans répétition. Or, comme le dit la maman du guitariste : « ce n’est pas une chanson si personne ne la connaît… »

Dominique Pasqualini : guitare, chant
Jacques Vannet : guitare

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