Jack a dit...

Varèse sur la musique ancienne

Hier, me disait-il, un jour, nous avons avec Paul Le Flem, passé quatre heures à lire des œuvres de Pachelbel, de Buxtehude et de contemporains de Bach. Rien à dire. C’est parfait… Mais n’est-il pas vrai de dire aussi que cette musique nous paraît parfaite parce que nous ne pouvons plus exercer sur elle notre sens critique ? Sommes-nous capables d’en découvrir les traits de mauvais goût, les lieux communs ? Dans le baroque, par exemple, que de formules, de répétitions, de ressassements dont nous ne pouvons plus voir la faiblesse véritable ?… C’est comme lorsque l’on crée des « ensembles d’instruments anciens », dans le dessein de retrouver la sonorité exacte que connurent les auditeurs d’œuvres écrites aux XVIIe ou XVIIIe siècles. Quel intérêt cela peut-il avoir pour nous ? Les compositeurs du passé se servaient des instruments qu’ils avaient à leur disposition, faute de mieux, en parfaite conscience de leurs insuffisances. Si les musiciens du XVIIIe siècle avaient disposé des cors dont nous nous servons aujourd’hui, ils auraient fait des cors un usage tout différent. À son époque, Beethoven souffrait encore des carences, des limitations des trompettes qui lui étaient offertes. Les amateurs de musique d’autrefois s’étaient habitués, par force, à la sonorité d’instruments qui nous semblent, aujourd’hui, fort primitifs… Pourquoi donc y revenir dans un souci « d’exactitude historique » ?… Ou alors créez des « sociétés d’instruments anciens pour auditeurs doués d’oreilles anciennes » – ce qui serait assez difficile à trouver. « Mais le charme désuet… » me dira-t-on… Je n’ai que faire d’un charme désuet. Je préfère « le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui de Mallarmé. »

Alejo Carpentier (1980), Varèse vivant, Ed. Le nouveau commerce

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Eden

EDEN est une installation vidéo présentant un film infini dont les personnages, les dialogues et les musiques, sont choisis et combinés entre eux au hasard par un algorithme.

 

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une recherche artistique que nous (Armèle Portelli et moi-même) menons sur une nouvelle narration cinématographique, le cinéma algorithmique : comment par le biais du langage informatique, recréer une nouvelle histoire, une nouvelle interprétation en utilisant le patrimoine cinématographique existant ?

EDEN interroge les rapports de séduction, de rencontres amoureuses entre les hommes et les femmes à travers des personnages de films. Chacun d’entre eux est extirpé de son contexte narratif par le biais du détourage. Il devient alors une entité mise en confrontation avec d’autres selon un algorithme qui détermine ainsi la rencontre d’êtres que rien ne destinait au départ à le faire.

17-19 décembre 2010, BODIG 10, Istanbul

logo-drac-bourgogne Le projet EDEN a bénéficié du soutien de la DRAC Bourgogne

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