Jack a dit...

Les couleurs de la musique, et le blanc...

Cependant il me fut donné de l’emmener à Neuchâtel où je pus lui faire entendre un concert. Le rôle de chaque instrument dans la symphonie me permit de revenir sur cette question des couleurs. Je fis remarquer à Gertrude les sonorités différentes des cuivres, des instruments à cordes et des bois, et que chacun d’eux à sa manière est susceptible d’offrir, avec plus ou moins d’intensité, toutes l’échelle des sons, des plus graves aux plus aigus. Je l’invitai à se représenter de même, dans la nature, les colorations rouges et orangées analogues aux sonorités des cors et des trombones, les jaunes et les verts à celle des violons, des violoncelles et des basses ; les violets et les bleus rappelés ici par les flûtes, les clarinettes et les hautbois. Une sorte de ravissement intérieur vint dès lors remplacer ses doutes :
— Que cela doit être beau ! répétait-elle.
Puis, tout à coup :
— Mais alors : le blanc ? Je ne comprends plus à quoi ressemble le blanc…

André Gide (1925), La symphonie pastorale, Ed. Gallimard, p. 51

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The Infinite Variety of Music

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