Usage et fonction des accords
Cet article est le second d’une série consacrée aux accords et à l’enrichissement de ceux-ci. Ces articles concernent plutôt l’harmonie de jazz mais peuvent aussi être utiles à tous ceux qui harmonisent ou arrangent des chansons.
Dans cet article, nous étudierons les usages pour chaque type d’accord usuel.
1) les accords 7M
Le développement de cet accord est le suivant : 3M + 3m + 3M + 3m etc. à l’infini. Donc, en théorie, on peut tout jouer sur cet accord (réécouter Coltrane), mais plus on s’éloigne de l’arpège de base, plus ce sera dissonant.

Si on prend les notes de son développement 4 par 4, on obtient des arpèges utilisables pour l’improvisation : C7M Em7 G7M Bm7 D7M F#m7 A7M C#m7 etc.
On trouve cet accord soit comme I ou IV d’une tonalité majeure.
2) les accords m7
Dans une tonalité majeure, l’accord m7 peut occuper 3 positions : II, III ou VI
Sur le II, cet accord amènera une cadence ex Dm7 G7 C7M.
Sur le III, cet accord peut-être vu comme une substitution du I (on le retrouve d’ailleurs dans le développement de celui-ci), C -> Em7
Sur le sixième degré, il agira aussi comme une substitution du I.
3) les accords de septième
L’accord de septième est l’accord du jazz par excellence. Son usage est varié, on peut même le retrouver sur tous les degrés… Cet usage « jazzifie » l’harmonie, en particulier dans la musique de variétés.
Je distinguerai deux cas de figures pour cet accord :
Le premier cas est l’usage classique de l’accord de septième de dominante. Il est de provoquer une tension dans le mouvement des voix conduisant à l’inéluctabilité de la résolution sur le I. (ex G7 -> C). Ceci a été un des premiers moyens pour amener un « mouvement » dans l’harmonie (notes à mouvement obligé).
Le deuxième cas, qui est typiquement jazz, ressemble aux emprunts de l’harmonie classique. L’accord n’est pas suivi du I dont il est le cinquième degré. Exemple dans Take The A Train :

Comme vous pouvez le constater, les usages de cet accord sont très nombreux en jazz. On peut par exemple citer le cas ou le I est présent à l’état de dominante. Ce cas est typique du blues et des musiques dérivées.
4) l’accord m7b5
Le développement de cet accord est contenu dans celui de l’accord de septième. L’accord m7b5 est souvent vu comme un accord 7/9 sans fondamentale (exemple : Dm7b5 = G9).
Sa position habituelle est comme II dans une tonalité mineure : Dm7b5 G7 Cm
Il est aussi utilisé comme substitut de l’accord du II dans une tonalité majeure : Dm7b5 G7 C7M.
5) les accords de 7ème diminuée
Il n’existe que 3 accords diminués différents. Donc chaque accord a quatre noms (chacune des notes de l’accord).
Exemple C7dim = Eb7dim = F#7dim = A7dim.
La fonction première de cet accord est de résoudre sur le I en mineur. G#dim Am (en pratique, on résoudra sur un accord majeur ou mineur situé 1/2 ton au-dessus).
L’accord de 7dim est souvent vu comme un accord 7b9 sans fondamentale. Ex : C7dim = B7b9
6) les accords de sixte
L’accord majeur avec sixte a le même rôle que le I. On utilise souvent cet accord pour amener du mouvement sur le I : C7M C6
remarque : pratiquement, C6 = Am7
7) les accords m6
Cet accord se retrouve sur le I ou le IV en mineur. Son usage est très fréquent dans le jazz manouche.Il amène une teinte nostalgique.
remarque : Django Reinhardt l’utilisait sur presque tous les degrés avec génie…
les accords mineurs avec septième majeure
On trouve cet accord principalement sur le I en mineur. Il amène aussi une teinte nostalgique (ou lugubre). Ecoutez un musicien comme Horace Silver pour avoir de bons exemples d’utilisation de cet accord.
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