Les majors au bord de la ruine ?
le 12 juillet 2007 par Jack

mp3 - piratage - P2P - déclin de l’empire du disque et fin des artistes

J’apprends ce matin à la radio que les majors de l’industrie du disque se réunissent pour réfléchir et agir face à la situation de crise qu’elles connaissent actuellement…

Je me promène un peu sur le web pour voir ce qu’en disent les quotidiens et je vois que l’année 2003 est une des 3 meilleures années pour les ventes parmi les 20 dernières années… Ca commence bien ;-)

Gagner toujours plus

Le principal responsable de tout ça est bien sûr le téléchargement illicite de fichiers musicaux sur Internet !!! Tu t’doutes ;-).

Les majors, elles, n’y sont pour rien… Elles nous ressortent depuis 10 ans leurs compils toutes faites à partir de leurs catalogues de fonds de tiroir. Ca doit pas leur coûter trop cher à produire ! Avec l’avènement des technologies numériques, il y a pas mal de disques qui sont produits en home-studio (par exemple le rap, il faut 2 jours pour mettre un morceau en boîte, avec boîte à rythmes, séquenceurs…), ça revient quand même pas trop cher pour Virgin !!!

Et puis, y’a le secteur DVD qui lui marche bien ! Ca rattrappe un peu quand même non ?

La fin des artistes et de la création

Ca, c’est la meilleure de toutes, on en rirait bien si ça n’était pas aussi navrant comme réflexion. Comme si les majors s’occupaient réellement de la découverte et de la promotion de nouveaux talents !!!

Quand donc l’ont-elles fait pour la dernière fois ? L’ont-elles seulement jamais fait ? Le rôle principal des maisons de disques a toujours été de vendre des disques. Parmi ceux-ci, il y a parfois de vrais créateurs et de vrais talents, mais je ne pense pas qu’elles en soient responsables. Quand un de leurs poulains ne marche pas ou plus pendant un certain temps, elles l’abandonnent. C’est la loi de l’économie de marché et elle n’est pas différente pour le disque ou les voitures !

Mais bizness is bizness, ce que les majors perdent d’un côté avec les disques (ce qui reste à prouver), elles le retrouvent avec les DVD, les CD-R enregistrables, les graveurs de CD, les balladeurs MP3, les sonneries pour téléphones portables, etc.

C’est sûr qu’avec le P2P, les choses (affaires) changent…

Une fois de plus, nous avons affaire à un secteur qui se portait très bien mais qui n’a pas su anticiper, être attentif aux évolutions technologiques (cf. France Telecom), et qui se réveille un peu tard, mais qui va se ressaisir. Il n’est qu’à voir les déclarations fracassantes de représailles au journal télévisé en même temps que l’annonce du lancement de sites de téléchargement payant pour en être convaincu ;-)

Piratage

La question du piratage n’est pas nouvelle, ça avait déjà commencé avec l’invention du magnétophone à cassette… On achetait un disque et les copains en faisaient une cassette pour l’écouter chez eux ;-)

Déjà un manque à gagner pour ces maisons de disques, qui sont pourtant toujours là… et qui ne se portent pas trop mal, me semble-t-il ! Franchement, avec le P2P, je suis persuadé que les maisons de disques ont trouvé le bouc émissaire mais que le problème est bien ailleurs. Il me paraît un peu abusif de faire un amalgame entre ceux qui téléchargent pour revendre à bas prix et ceux qui téléchargent pour un tas d’autres raisons : écouter des disques introuvables dans le commerce, écouter des groupes non signés par des majors, se faire une idée d’un disque avant de l’acheter si ça nous plaît…

Tous ces nouveaux comportements inquiètent les majors, qui sentent que le temps de leur monopole et de leurs revenus assurés, touche peut-être à sa fin. Le disque n’est peut-être plus le support idéal qu’il a été pendant plusieurs déceennies.

Le monde change, I’interconnexion des foyers en réseau révolutionne les comportements individualistes, la notion de droit d’auteur devrait aussi être revue car elle date d’une époque tout à fait différente, où la diffusion n’avait pas atteint un tel paroxysme, et où le droit d’auteur était parfois la seule source de revenus pour les compositeurs.

Je trouve qu’il est dommage de condamner de nouveaux comportements qui sont le fait de l’évolution des moeurs et de la technologie, et qu’il serait plus intelligent de rechercher des solutions prenant en compte ces nouvelles aspirations d’une grande partie du public qui n’est plus intéressé par l’{objet disque} et qui ne s’intéresse pas aux nouveaux “artistes” issus de Star Academy !!!

Affaire à suivre…

 
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