l’enseignement de la musique selon Arnold Schoenberg
L’enseignement de la musique est un métier difficile que j’ai exercé pendant plusieurs années. J’espère avoir bien digéré les enseignements de Schoenberg
dont je vous présente une facette ici…
Ce livre est né de ce que m’apprirent mes élèves. Lorsque j’enseignais, je ne cherchais jamais à dire uniquement aux élèves “ce que je sais”, mais plutôt ce qu’ils ne savaient pas. Cependant, même si par là déjà je me sentais contraint de trouver pour chacun d’eux quelque chose de nouveau, le plus important n’était pas vraiment là. En effet, je m’efforçais surtout de dévoiler à mes élèves l’essence même de gisements profonds et, pour cela, jamais je ne fis référence à des règles rigides qui enserrent habituellement - et avec tant de soin - le cerveau d’un élève.
Et ça continue dans la même veine
Tout se résolvait, en fait, par des indications qui, d’ordinaire, pour l’élève comme pour le maître, ne présentent aucun caractère de contrainte. Si l’élève réusssit mieux sans ces indications, qu’il s’en passe. Mais l’enseignant doit avoir le courage de se compromettre et ne pas faire de sa personne un êttre infaillible qui sait tout et jamais ne se fourvoie. Il faut, bien au contraire, qu’il se montre l’infatigable et éternel chercheur qui, parfois, peut trouver. Pourquoi vouloir jouer au demi-dieu ? Pourquoi ne pas être seulement pleinement homme ?
Avant-propos à la première édition du Traité d’harmonie d’Arnold Schoenberg, Vienne, juillet 1911 (M&M - JC Lattès - traduit de l’allemand et présenté par Gérard GUBISCH)
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